Le vernis du partenariat entre Jacob Attal et Antoine Rahal, deux poids lourds du business dakarois, est en train de se fissurer à grande vitesse. Après avoir longtemps marché main dans la main, notamment à la tête du Casino du Port et du Café de Rome, les deux associés se retrouvent désormais face à face devant le tribunal de Commerce Hors Classe de Dakar, dans une bataille judiciaire qui porte sur la somme faramineuse de 2,5 milliards de Fcfa.
Selon des informations rapportées par Libération, tout a basculé lorsque Antoine Rahal a saisi la justice pour obtenir une saisie conservatoire sur les biens de son associé. Le 30 juillet 2025, l’ordonnance n°997/2025 a autorisé cette mesure, ouvrant la voie au gel des comptes bancaires personnels de Jacob Attal. Un coup de massue que ce dernier conteste vigoureusement.
En effet, l’assignation consultée par Libération précise que Rahal réclame à Attal le paiement de 2,5 milliards de Fcfa, somme issue d’un contrat de promotion immobilière liant la Sci « La Téranga sénégalaise » et la société Gorée View Sarl. Le projet ? Un immense immeuble résidentiel de 15 ou 16 étages avec sous-sols, jardin et piscine, pour un coût global estimé à 10,8 milliards de Fcfa. Dans ce montage, Gorée View s’était engagée à verser à la Sci la moitié de cette valeur, soit 5 milliards de Fcfa correspondant aux lots revenant au maître d’ouvrage.
Mais la riposte de Jacob Attal est ferme : il assure que l’obligation contractuelle ne lui incombe pas personnellement, mais à la Sci « La Téranga sénégalaise », entité juridique distincte. L’assignation rappelle que la Sci est détenue à 99 % par la société Today Sénégal Sa, elle-même contrôlée à travers un enchevêtrement de holdings : JMD Investment Holding Ltd (Jacob Attal) et Dream Investment Ltd (Antoine Rahal).
En clair, Attal n’intervient qu’indirectement via Today Sénégal, et ne saurait donc être tenu pour responsable d’une obligation contractuelle incombant à la Sci. « Dans la rigueur des principes, le sieur Rahal ne peut demander à son associé, le requérant, de satisfaire à l’obligation de reversement des sommes dues par la Sci après encaissement de la part de Gorée View », lit-on dans le document judiciaire.
Derrière ce bras de fer juridique, c’est tout un partenariat stratégique vieux de plusieurs années qui vacille. Ce divorce annoncé entre Attal et Rahal pourrait avoir des répercussions bien au-delà des tribunaux, notamment sur les affaires qu’ils cogèrent encore ensemble dans la capitale sénégalaise.
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