ACTUALITE AERONAUTIQUE DIASPORA EDUCATION INTERNATIONALE MIGRATIONS TOURISME TRANSPORT

Un enfant du ciel entre Dakar et Rome

Il est des naissances qui échappent à toute planification. À une heure de vol de Dakar, à bord du vol AZ855 d’ITA Airways en direction de Rome Fiumicino, une femme enceinte de sept mois a donné naissance prématurément à un petit garçon. L’équipage est intervenu avec un professionnalisme salué par la compagnie elle-même, épaulé par deux passagers providentiels un médecin et une infirmière, que le hasard, ou peut-être le destin, avait placés là. Mère et enfant vont bien. Ce nouveau-né entre dans l’histoire comme le premier être humain à naître à bord d’un appareil ITA Airways.

Ce qui rend cet événement plus singulier encore, c’est la question juridique qu’il pose discrètement : de quelle nationalité est cet enfant ? En l’absence de convention internationale unifiée sur les naissances en vol, le droit répond par une superposition de règles.

La première est celle du sang : l’enfant hérite naturellement de la nationalité de ses parents. Mais l’article 3 de la Convention de 1961 sur la réduction des cas d’apatridie ajoute une dimension supplémentaire, en assimilant toute naissance à bord d’un aéronef à une naissance sur le sol du pays d’immatriculation de l’appareil. ITA Airways étant une compagnie italienne, ce petit garçon né entre l’Afrique et l’Europe pourrait bien être, juridiquement autant que symboliquement, citoyen de deux mondes.

C’est peut-être là le plus beau cadeau que lui offre cette naissance hors du commun : appartenir, dès son premier souffle, à cette route qui unit Dakar et Rome, le Sénégal et l’Italie, deux rives d’une même Méditerranée en mouvement.

Bienvenue dans la vie, petit voyageur.

Auteur/autrice

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *