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Un anesthésiste britannique abandonne un patient sous anesthésie pour un rapport avec une infirmière : le tribunal laisse passer

Imaginez : un patient endormi sur la table d’opération, vulnérable, livré aux mains de la science. Et son anesthésiste qui s’éclipse pour huit minutes de passion illicite.

Ce scénario digne d’un thriller médical s’est déroulé en 2023 à l’hôpital Tameside, près de Manchester. Pris sur le fait, le Dr Suhail Anjum, 44 ans, a écopé d’une simple réprimande. Dans un système de santé sous tension, ce verdict soulève un tollé : la vie d’un patient vaut-elle si peu face à une « erreur humaine » ?

Les faits : huit minutes fatales, sans conséquences immédiates

Le 16 septembre 2023, au cœur d’une ablation de la vésicule biliaire, le consultant anesthésiste Dr Suhail Anjum demande une « pause pipi » à une collègue. Il confie la surveillance du patient, sous anesthésie générale, et s’absente. Direction : une salle voisine, où il rejoint une infirmière pour un rapport sexuel rapide. Huit minutes plus tard, il reprend son poste comme si de rien n’était. L’opération se termine sans heurt pour le patient – un coup de chance, car un arrêt respiratoire aurait pu être fatal sans surveillance experte.

La découverte ? Une autre infirmière, entrée pour du matériel, tombe sur la scène : l’infirmière avec le pantalon baissé, Anjum reboutonnant son pantalon. Choc, sortie précipitée, et alerte immédiate. L’hôpital le licencie sur-le-champ. Anjum, marié et père de trois enfants, d’origine pakistanaise, admet les faits sans broncher lors du tribunal médical en septembre 2025. « J’ai trahi la confiance », concède-t-il, regrettant d’avoir mis sa collègue en porte-à-faux.

Un verdict clément qui interroge la justice médicale

Le Medical Practitioners Tribunal Service (MPTS) tranche : réprimande, mais pas de suspension ni de radiation. Le risque de récidive est jugé « très faible », et Anjum, rentré au Pakistan pour exercer, peut postuler à un retour au Royaume-Uni. Pas de sanction pour l’infirmière impliquée, anonyme dans les débats. Ce laxisme choque : en 2024, le NHS a recensé 1 200 plaintes pour manquements graves, avec seulement 15 % aboutissant à une interdiction.

Critiquement, ce cas expose les failles du système. L’anesthésie générale est une phase critique – un patient sans monitoring peut suffoquer en secondes. Pourtant, le tribunal met l’accent sur l’absence de dommage réel, ignorant le principe de précaution. Des experts comme ceux de la British Medical Association avertissent : cela banalise le risque, dans un NHS où les effectifs manquent déjà, avec 40 000 postes vacants. Et le patient ? Informé après coup, il n’a pas porté plainte, mais l’hôpital a payé le silence.

Mon analyse : une faute qui révèle un mal plus profond

Ce scandale me laisse amer : un médecin, gardien de la vie, la met en péril pour un coup de sang. Anjum n’est pas un monstre, mais son acte – impulsif, égoïste – trahit un serment d’Hippocrate piétiné. Personnellement, je questionne : et si c’était votre proche sur cette table ? Une réprimande, c’est une tape sur les doigts, pas une leçon. Il faut des protocoles plus stricts : caméras en salle d’op, formations éthiques obligatoires, et une radiation automatique pour abandon de poste vital. Sans cela, la confiance en blouse blanche s’effrite, et le NHS, déjà fragilisé par les coupes budgétaires, risque l’implosion.

Echos internationaux : des échecs médicaux qui font école

Ce fiasco n’est pas unique. Aux États-Unis, un chirurgien de New York a été radié en 2022 après avoir laissé un patient pour un appel personnel, causant une hémorragie fatale. En France, un anesthésiste suspendu en 2024 pour « distraction » lors d’une césarienne rappelle que l’erreur humaine coûte cher. Au Pakistan, où Anjum exerce désormais, les scandales pullulent : 20 % des plaintes médicales concernent des négligences, selon l’OMS. Globalement, l’Organisation mondiale de la santé estime à 2,6 millions les décès annuels dus à des erreurs évitables – un holocauste silencieux que des verdicts mous perpétuent.

Huit minutes de folie, une vie en sursis, et un système qui hausse les épaules. Ce verdict n’efface pas le frisson : dans l’ombre des blocs opératoires, la santé publique joue à la roulette. Si on ne durcit pas les règles, le prochain patient pourrait ne pas avoir cette chance – et nous, on regardera ailleurs ?

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