Les auditions pour le poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, commencées mardi, s’achèvent ce mercredi avec l’ancien président sénégalais, Macky Sall, qui doit clôturer la série des candidats. En attendant la décision du Conseil de sécurité, Amadou Mokhtar Hanne, spécialiste en relations internationales, dresse le contexte global qui rend le processus particulièrement périlleux.
Un contexte international « extrêmement difficile »
D’emblée, l’analyste insiste sur la conjoncture. Selon lui, « cette élection se passe dans un contexte extrêmement difficile pour le futur secrétaire général des Nations unies ».
En cause, une crise profonde du multilatéralisme, même si certaines agences onusiennes continuent d’enregistrer des résultats.
« Les gens oublient le travail colossal des agences comme l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture ou l’Organisation mondiale de la santé. Il y a pas mal de choses qui marchent », souligne sur la rfm, Amadou Mokhtar Hanne.
Le verrou du Conseil de sécurité
Mais pour le spécialiste, le principal blocage reste institutionnel :
« Le problème du multilatéralisme concerne surtout le Conseil de sécurité des Nations unies, qui doit être réformé. Cinq pays ne peuvent pas décider du destin de huit ou neuf milliards de personnes. »
Le poids des cinq membres permanents, et surtout leur droit de veto, demeure déterminant dans la sélection finale. « Il faudra une forte personnalité, capable de dire non, malgré cet épouvantail du veto. »
Un profil politique face à un monde « plus dur »
Le futur secrétaire général devra évoluer dans un environnement marqué par la montée des tensions et le recul du droit international.
« Nous sommes dans un monde de plus en plus dur, où les règles du droit international sont de moins en moins respectées », rappelle l’expert.

