Et si la Première Dame du Sénégal, loin des paillettes protocolaires, se muait en ambassadrice 2.0, boostant d’un simple post l’écho mondial de son mari ? Le 25 septembre 2025, Absa Faye, épouse de Bassirou Diomaye Faye, balance sur X un message fiéroté qui fait le buzz : « J’ai assisté avec fierté au discours du Président @PR_Diomaye à la tribune des Nations Unies 🇺🇳. Un moment fort où la voix du Sénégal s’est affirmée pour la paix, la justice, la souveraineté et l’égalité entre les peuples. Un message de vérité, de courage et d’espoir en cette période de tumultes et d’incertitudes. 🇸🇳 #UNGA80 ». Avec ses hashtags #AbsaFaye et #PremièreDameDuSénégal, ce tweet n’est pas qu’un like conjugal : il colle pile aux lois anti-corruption fraîchement adoptées, où transparence rime avec visibilité publique. Mais dans un pays qui oblige les élites à déclarer leurs biens, ce rôle digital d’Absa cache-t-il une influence soft power, ou reste-t-il un geste symbolique dans l’ombre du Palais ?
Plongeons dans le décor. Absa Faye, née Touré, 40 ans à peine, n’est pas une figure imposée par le destin présidentiel : juriste de formation, elle a gravi les échelons à la Cour suprême avant de devenir une ombre discrète aux côtés de Diomaye, son mari depuis 2008. Pas de fondation ronflante ni de discours enflammés ; son terrain, c’est l’action terrain, comme cette visite choc en mai 2025 à Kampissa, dans le Kolda poussiéreux, où elle a pointé du doigt les abris provisoires pourrissants, catalysant un chantier express de quatre salles modernes et un bloc sanitaire. Ce tweet ONU, posté en live depuis New York, s’inscrit dans cette veine : il amplifie le réquisitoire de Faye contre un Conseil de sécurité « décolonisé » et une dette africaine « asphyxiée », aligné sur les réformes d’août – loi 2025-13 pour les déclarations patrimoniales obligatoires (amendes jusqu’à 500 millions FCFA pour omission), et loi 2025-15 sur l’accès à l’info, qui force les institutions à déclassifier budgets et contrats via la CONAI naissante. Critiquement, ces textes, transposant le code UEMOA de 2009 avec des dents plus aiguisées, visent les « enrichissements illicites » ; Absa, en tant qu’épouse du chef, frôle ces obligations sans en être explicitement visée, mais son post public incarne l’esprit : une transparence qui commence par les mots partagés, pas cachés. Pourtant, les ombres persistent : sur X, des voix ironisent sur une « première dame gadget », tandis que des rapports OFNAC émergents scrutent déjà les flux autour du couple – un test pour ces lois qui promettent de traquer les variations patrimoniales inexpliquées.
À mes yeux, Absa Faye est le joker inattendu de ce duo présidentiel : pas une First Lady traditionnelle, mais une alliée qui humanise le pouvoir, transformant un discours aride en récit viral. Son tweet, avec ses émojis drapeaux et son appel à l’espoir, colle à l’urgence de Faye – paix à Gaza, climat au Sahel –, mais je m’interroge : est-ce du soutien authentique, ou une stratégie pour ancrer l’image d’un couple « proche du peuple » face aux scandales Woodrose qui hantent l’héritage Sall ? Dans un Sénégal où les femmes politiques peinent à émerger sans soupçons de népotisme, ce rôle digital pourrait briser des plafonds : imaginez Absa pilotant des audits citoyens via la CONAI, liant son plaidoyer éducatif (comme à Kolda) à ces outils anti-corruption. Prise de position ferme : elle mérite plus qu’un like ; avec ces lois comme bouclier, qu’elle devienne une vigie pour l’empowerment féminin, pas une caution muette.
Absa Faye n’est pas qu’une silhouette au balcon de l’ONU : c’est une voix qui, d’un post fiéroté, pourrait fissurer l’opacité séculaire, rappelant que la vraie souveraineté se gagne tweet à tweet, loi à loi, pour que l’espoir qu’elle vante ne soit pas qu’un hashtag éphémère.
- septembre 25, 2025
Absa Faye, la Première Dame qui tweete l’ambition : un soutien discret ou un levier diplomatique en herbe ?
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