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Sécurité et souveraineté en Afrique : entre dilemme et tandem (Par Oumar NDIAYE)

Clôturé avant-hier mardi, le Forum de Dakar la paix et la sécurité en Afrique, qui était à sa dixième édition discutait d’un thème général sur « L’Afrique face aux défis de stabilité, d’intégration et de souveraineté : quelles solutions durables ? ». Il est heureux de voir cette grande rencontre stratégique sur les questions sécuritaires et militaires africaines soit organisée à nouveau après deux ans de suspension.

Lancée d’abord en 2013 sous une initiative sénégalo-française, le Forum de Dakar a fini par être un label purement sénégalais et africain à partir de 2014 avec une périodicité respectée au fil des années. Il a ainsi permis d’être un réceptacle des solutions africaines pour les problèmes africains de paix et de sécurité. Depuis presque deux décennies, toutes les parties africaines, nord, est, centre, ouest et australe, sont la cible d’un terrorisme djihadiste et séparatiste avec une situation précaire sur le plan humanitaire. D’après l’indice mondiale du terrorisme qui est une étude exhaustive analysant du terrorisme dans 163 pays et produit par une équipe de recherche de l’Institut pour l’économie et la paix basé à Sydney en Australie, sur les dix premières places, y figurent cinq pays africains : Burkina, Niger, Nigéria, Mali et République démocratique du Congo.

Une situation qui montre clairement l’avancée du terrorisme dans le continent africain alors que la riposte n’arrive toujours à se mettre à la hauteur des menaces. Plusieurs approches et démarches ont été mises en avant avec toujours les mêmes résultats, conséquences et séquences. En Afrique de l’ouest et en général dans la région sahélienne, la montée du terrorisme djihadiste a coïncidé avec l’effondrement de l’État libyen suite à l’intervention de l’Otan dans ce pays en 2009, même si certains spécialistes remontent aussi à la situation en Algérie dans les années 1990 avec l’éclosion dans groupes terroristes armées (Gta).

L’un dans l’autre, la zone du Sahel est en train de pays un lourd tribut avec une crise systémique menaçant des États comme le Mali et le Burkina Faso. Si au début de cette crise sécuritaire, l’intervention des pays comme la France a été salvatrice pour stopper l’avancée jihadiste, par exemple au Mali, la présence permanente de ces forces armées occidentales a été considérée après comme vectrice d’un grand malaise avec en toile de fond la question de la souveraineté. Il est vrai que la sécurité est certes un domaine de souveraineté, mais il est indispensable de nouer des partenariats afin d’avoir une bonne complémentarité et mutualité pour bien l’assurer. C’est pourquoi toutes les autres réponses après le départ forcé des forces occidentales surtout françaises dans le Sahel, n’ont pas eu l’effet escompté.

Que ce soient les Forces conjointes G5 Sahel ou de l’Alliance des Etats du Sahel, elles ont des problèmes opérationnels à se positionner comme les réponses adéquates face à la problématique sécuritaire en Afrique. Avec des tares congénitales liées aux déficits structurels des appareils sécuritaires de beaucoup pays africains à s’adapter aux couleurs et à l’ampleur des nouvelles menaces dites asymétriques, il est important de revoir les approches et démarches sécuritaires avec en lien la souveraineté. En matière de sécurité, chercher à avoir l’autonomie stratégique est quelque chose de bien comme il est meilleur de mutualiser les efforts afin de faire faces à toutes les menaces devenues hybrides. Le dilemme de la souveraineté a fait faire à beaucoup de pays d’avoir des choix cornéliens en changeant ainsi de partenaires stratégiques avec le départ des forces occidentales et en s’alliant à des pays comme la Russie. Il faudra ainsi chercher un juste équilibre entre le tandem sécurité et souveraineté pour qu’il ne soit plus un dilemme. oumar.ndiaye@lesoleil.sn

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