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Sénégal : Une marche pour les « voleurs » qui finit en rire amère – L’opposition à l’agonie ?



À 14h GMT ce samedi 20 septembre 2025, la dernière tentative de l’opposition sénégalaise pour libérer des figures comme Farba Ngom a tourné au fiasco hilarant. Moins d’une poignée de militants ont défilé, à peine de quoi remplir un bus. Surnommée « agitation terminale » par un observateur sarcastique, cette mobilisation soulève des rires autant que des questions : une opposition à bout de souffle, ou les derniers soubresauts d’un système usé ? Entre accusations de néocolonialisme et défense d’accusés de détournements, le débat prend une tournure aussi absurde que révélatrice.

Un Rassemblement Qui Fait Plaisir… aux Moqueurs

La marche, lancée ce midi à Dakar, visait à exiger la libération de détenus comme Farba Ngom, incarcéré depuis février 2025 pour escroquerie présumée de 31 milliards de FCFA. Mais à 15h, les images montraient une foule clairsemée, brandissant des pancartes vite oubliées sous un soleil brûlant. Sur X, les commentaires fusent : « Un bus pour les voleurs, c’est tout ce qu’ils ont ? », raille un internaute, tandis qu’un autre évoque des « râles agoniques » d’un système à l’agonie. L’ironie est palpable : défendre des accusés de détournement public, comme Ngom ou d’autres ex-proches de Macky Sall, ne mobilise plus.

Le contexte est tendu. Depuis l’élection de Bassirou Diomaye Faye en 2024, l’opposition, fragmentée entre Pastef dissidents et anciens alliés, peine à rassembler. Un sondage ISRE de juillet 2025 montre que seuls 15 % des jeunes soutiennent leurs leaders, contre 60 % pour le gouvernement. Cette marche, loin des foules de 2023, illustre un divorce croissant avec la base.

Néocolonialisme ou Simple Désespoir ?

L’observateur GMS, dans un commentaire mordant, qualifie cette mobilisation d’ »agitation terminale des représentants du système néocolonial et parasitaire ». Une pique qui vise les anciens cadres accusés de s’être enrichis sous l’ère Sall, perçus comme des reliques d’une gouvernance alignée sur des intérêts étrangers. Les organisateurs rétorquent que Ngom, malgré ses démêlés, incarne une victime d’acharnement politique sous Faye. Mais l’argument peine à convaincre : les rapports de la Cour des comptes de 2024 confirment des irrégularités financières sous l’ancien régime, alimentant les suspicions.

Critiquement, cette marche révèle une opposition sans boussole. Accuser le néocolonialisme ne suffit pas sans preuves solides ni projet alternatif. Les hausses fiscales récentes de Cheikh Diba, perçues comme un virage souverainiste, contrastent avec les silences de l’opposition sur des solutions économiques. Résultat : une mobilisation qui ressemble plus à un baroud d’honneur qu’à un sursaut crédible.

Mon Prisme : Un Rire Qui Cache une Tragédie

J’ai suivi cet épisode avec un sourire en coin, mais l’amusement masque une inquiétude. Voir l’opposition défendre des « voleurs de deniers publics » et « insulteurs » – comme certains leaders connus pour leurs sorties virulentes – est presque comique. Pourtant, cela trahit un vide stratégique. Je pense qu’ils devraient lâcher les vieilles rancunes et proposer une vision : emploi, éducation, souveraineté réelle. Sinon, ces « râles agoniques » risquent de les enterrer. Une remise à niveau par des pastèfiens, comme suggéré ailleurs, pourrait secouer leurs rangs – à condition qu’ils acceptent l’humilité.

Échos Mondiaux : Un Schéma Répété

Ce fiasco n’est pas isolé. Au Mali, l’opposition a perdu tout écho en 2024 face à une junte populaire. Au Nigeria, les marches de 2023 pour des leaders corrompus ont fini en eau de boudin. À l’international, la CEDEAO observe, tandis que des ONG comme Transparency International notent une montée des populismes nostalgiques en Afrique de l’Ouest. Si l’opposition sénégalaise ne se réinvente pas, elle risque de rejoindre la liste des reliques d’un passé colonial qu’elle prétend combattre.

Ce bus à moitié vide n’est pas qu’une blague : c’est un signal. L’opposition agonise, et son désespoir pourrait bien ouvrir la voie à un pouvoir qui, pour l’instant, sait mieux surfer sur la vague du changement. Rira bien qui rira le dernier ?

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