Par la rédaction de D24TV avec Mamadou LY, ( Ma revue de presse)
Ce vendredi 2 janvier 2026, la presse sénégalaise se réveille avec une gueule de bois politique et une montée d’adrénaline sportive. Au lendemain des discours de Nouvel An, les kiosques exposent une dualité frappante au sommet de l’exécutif, tandis que le peuple retient son souffle à la veille du choc Sénégal-Soudan en Coupe d’Afrique des Nations.
Le « serment » de Diomaye face au « cri » de Sonko
C’est Solo Quotidien qui ouvre le bal de cette analyse politique en plantant le décor d’une année charnière. Le journal rapporte les propos sans équivoque du Premier ministre Ousmane Sonko sur la reddition des comptes : « Le temps de la complaisance est révolu ». Une sortie musclée effectuée à Passy, qui contraste singulièrement avec la posture présidentielle. En effet, si Direct News présente le Président Bassirou Diomaye Faye comme le « Maître des horloges » voulant remettre les pendules à l’heure, L’Observateur n’hésite pas à parler d’un « Nouvel An-tagonisme ». Selon le quotidien du Groupe Futurs Médias, là où le Chef de l’État invoque la « hauteur d’esprit », son Premier ministre rétorque que sa fonction « ne bride pas sa liberté ».
Cette divergence de ton est largement relayée. Walf Quotidien titre sur un « Duel à distance », tandis que Les Echos renchérit en affirmant que « Sonko prend son contre-pied le lendemain ». Yoor-Yoor Bi qualifie l’attitude du PM de « cri de fermeté », soulignant son intransigeance face à une dette publique héritée jugée colossale. À l’opposé de cette agitation, Le Soleil préfère mettre l’accent sur la vision constructive du Chef de l’État, titrant : « 2026, le temps des investissements », une dynamique confirmée par SourceA qui évoque une « Année de l’emploi décrétée ».
Toutefois, la politique agricole du Premier ministre ne fait pas l’unanimité. Tribune lance un pavé dans la mare en affirmant que « Sonko achève les paysans » avec la suppression annoncée des subventions sur les semences et l’engrais.
Réformes, Scandales et l’éclaircie douanière
Au-delà de la politique politicienne, l’heure est aux grandes manœuvres institutionnelles. Le Grand Panel annonce que le Sénégal marche « Vers trois révisions majeures » dès le premier trimestre : Constitution, Justice et système électoral. Mais cette volonté de réforme se heurte à la persistance de vieilles pratiques. L’AS expose des « accusations explosives » de népotisme contre Malick Ndiaye à l’Assemblée nationale et signale que le DG de l’ARTP, Dahirou Thiam, est « dans la nasse ».
C’est ici que Solo Quotidien refait surface au cœur de l’actualité, rappelant que l’agenda de l’État est aussi tourné vers le rayonnement international avec les Jeux Olympiques de la Jeunesse (Dakar 2026), dont l’Afrique sera l’hôte. Une note d’espoir renforcée par l’excellente santé financière des Douanes sénégalaises. L’Evidence, Libération et Yoor-Yoor s’accordent pour saluer une « performance historique » avec des recettes dépassant les 1618 milliards de FCFA.
Les Lions face à leur destin et aux rumeurs
L’autre moitié de la Une est colorée de vert, de jaune et de rouge. À 24 heures du 8e de finale contre le Soudan, l’union sacrée est de mise, mais des grincements se font entendre. Record sonne la mobilisation avec un vibrant « Soudan, nous revoilà ! », s’appuyant sur une charpente solide (Mendy, Koulibaly, Sadio).
Cependant, la sérénité n’est pas totale. Tribune Sport s’interroge sur un présumé « conflit avec le sélectionneur Pape Thiaw en pleine CAN », obligeant la Fédération à fournir des explications. Une tension également relevée par Solo Quotidien, qui indique en Une que « La FSF se prononce sur de supposées tensions entre le coach Pape Thiaw et elle ». Sur le plan tactique, Point Actu regrette le sort de Boulaye Dia, qualifié d’« oublié de Pape Thiaw », tandis que Walf Quotidien voit en Habib Diarra « la pièce qui manque au puzzle » pour faire sauter le verrou soudanais.
Chronique d’une société en clair-obscur
Enfin, l’actualité sociale rappelle la dureté du quotidien. Enquête rapporte le drame de l’émigration avec « treize morts au large du Sénégal ». La route continue également de tuer, comme le rapporte SourceA avec un accident tragique à Diourbel ayant coûté la vie à trois personnes. Sur le front de la sécurité, Libération note que la police « enchaîne les arrestations » dans le milieu du trafic de drogue, tandis que L’Observateur relate un braquage armé déjoué à la Médina.
En somme, ce 2 janvier 2026 dépeint un Sénégal en pleine mutation, tiraillé entre ses ambitions de réformes, ses tensions politiques internes et l’espoir immense porté par son équipe nationale de football.





















