Ce début de semaine s’ouvre sur un panorama contrasté dans les kiosques sénégalais. Si la diplomatie s’active pour apaiser les tensions régionales et que le football offre une parenthèse d’adrénaline, l’économie nationale, elle, semble grippée. De la « folie » de la campagne arachidière au « scandale silencieux » du BTP, en passant par les joutes politiques autour de la dissolution de l’Assemblée nationale, la presse du jour dresse le portrait d’un pays tiraillé entre ses ambitions de grandeur et ses urgences domestiques.
L’économie, véritable baromètre des tensions sociales, occupe une place prépondérante ce lundi, avec un monde rural en ébullition. Enquête tire la sonnette d’alarme avec une Une cinglante sur « La folie arachidière ». Le journal décrit une campagne où l’État exige 450 000 tonnes alors que la SONACOS peine déjà à en sécuriser 155 000, le tout sur fond de concurrence jugée faussée par les privés. Cette situation explosive est corroborée par Vox Populi, qui voit le couple exécutif Diomaye-Sonko « à l’épreuve de la révolte des ruraux », notant que des centaines de riziculteurs de la vallée ont également battu le macadam. La colère est telle que, selon Tribune, les paysans menacent de passer à l’action radicale en exposant leurs arachides dans les rues des villes et villages pour dénoncer l’absence d’acheteurs.
Ce climat morose ne se limite pas aux champs ; il contamine également les chantiers. L’Observateur révèle ce matin un « scandale silencieux qui coûte des milliards à l’État » dans les secteurs du BTP et de la cimenterie. Le quotidien du Groupe Futurs Médias évoque des chantiers gelés et un Trésor public asphyxié avec déjà 11 milliards envolés, une situation qui menace la viabilité des investissements de géants comme la SOCOCIM ou DANGOTE. Dans ce contexte financier incertain, Sud Quotidien s’interroge gravement : « Les marchés réévaluent-ils le risque sénégalais ? », analysant la résilience des euro-obligations après le refus du gouvernement de restructurer la dette. Heureusement, une éclaircie nous vient de l’industrie pétrolière, Yoor-Yoor annonçant un bénéfice record de 35 milliards de FCFA pour la SAR, marquant un tournant décisif pour l’entreprise.
Sur le terrain politique, les couteaux sont tirés. Le Quotidien rapporte la charge virulente de Madiambal Diagne contre le régime, dénonçant un flou dans la gestion des ressources et une séparation « irréversible » entre le Président et son Premier ministre. L’opposition, elle, s’organise : Walf Quotidien et Tribune se font l’écho d’Anta Babacar Ngom qui appelle ouvertement à la dissolution de l’Assemblée nationale. Une actualité politique dense qui n’empêche pas la réflexion de fond : dans Lii Quotidien, le philosophe Souleymane Bachir Diagne nuance le débat sur le FMI, affirmant que « la souveraineté se mesure à la capacité d’un État à négocier ».
Au-delà de nos frontières, le Sénégal joue sa partition diplomatique. Le Soleil met en exergue « la médiation enclenchée » par le Président Bassirou Diomaye Faye et son homologue Maada Bio à Bissau pour un retour à la normalité constitutionnelle. Une information confirmée par Rewmi Quotidien, qui titre que « Diomaye négocie avec la junte ».
Mais l’actualité, c’est aussi ces drames humains qui endeuillent le pays. Libération nous plonge dans les eaux troubles de la criminalité transnationale avec une enquête qui cerne la filière Qnet suite à la mort de Cheikh Touré au Ghana. Le même journal rapporte une tragédie sur la plage de Mbattal où une pirogue a échoué, révélant encore des pertes en vies humaines. De son côté, le journal SourceA relate un fait divers sordide à Diass, où deux ouvriers ont été déférés pour un double viol présumé.
Terminons cette revue par le frisson du sport, qui unit le peuple. La demi-finale de la CAN 2025 entre le Sénégal et l’Égypte est sur toutes les lèvres. « Comme on se retrouve ! » s’exclame Record, soulignant l’aspect historique de ce duel. Pour Le Soleil, c’est l’occasion de se rappeler le « bon souvenir de la finale de 2022 ». Tribune Sport prévient que ce match aura un « parfum de revanche », tandis que L’Observateur s’inquiète d’une « menace qui pèse sur 7 joueurs » de l’effectif, sous le coup d’une suspension. Espérons que les Lions sauront rugir sans trembler.

