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Réformes des investissements au Sénégal : Entre attractivité économique et vigilance sociale

À l’Assemblée nationale sénégalaise, le débat autour du nouveau Code des investissements s’intensifie, révélant un équilibre délicat entre l’appel à plus de capitaux étrangers et la nécessité de protéger les intérêts locaux.

Les parlementaires, lors d’une récente commission, ont confronté le ministre des Finances, Cheikh Diba, sur des lacunes persistantes dans la surveillance des engagements pris par les entreprises, particulièrement en matière d’impacts écologiques et de respect des normes sociales. Ils s’inquiètent du fait que de nombreux acteurs économiques, souvent des firmes internationales, négligent leurs obligations environnementales, laissant derrière eux des traces polluantes qui menacent les communautés rurales. De mon point de vue, cette interrogation met en exergue une faille systémique dans notre cadre réglementaire : alors que le pays aspire à une croissance accélérée via des projets structurants, il est impératif de renforcer les mécanismes de suivi pour éviter que l’appât du gain ne se fasse au détriment de la durabilité, transformant ainsi des opportunités en fardeaux pour les générations futures.

Les élus ont également soulevé la question des déséquilibres de pouvoir dans ce texte législatif, craignant qu’il ne favorise excessivement les investisseurs au risque d’aggraver les conditions de travail précaires pour les employés sénégalais, surtout dans les secteurs dominés par des entités étrangères. Ils plaident pour des outils de contrôle plus robustes, incluant des sanctions claires comme le retrait automatique d’approbations en cas de manquements, et une intégration obligatoire de pratiques responsables dans toutes les opérations. Personnellement, je considère que cette réforme, bien qu’essentielle pour corriger les faiblesses du cadre de 2004 et booster la compétitivité régionale, doit impérativement incorporer des garde-fous éthiques pour promouvoir une économie inclusive ; sans cela, elle pourrait perpétuer des inégalités, où les bénéfices fuient vers l’extérieur tandis que les coûts humains et environnementaux pèsent sur les épaules des citoyens ordinaires, soulignant l’urgence d’une gouvernance qui priorise le bien commun sur les incitations pures.

Cette session parlementaire invite à une réflexion profonde sur l’avenir économique du Sénégal, où l’innovation et l’ouverture doivent s’harmoniser avec la justice sociale et la préservation de notre patrimoine naturel, pavant la voie vers un modèle de développement véritablement souverain et équitable.

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