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La rupture Diomaye-Sonko: Un séisme politique aux conséquences économiques et sociales létales

Le Sénégal est au bord du chaos politique. Le communiqué du parti Pastef, de ce 11 novembre 2025, n’est pas un simple désaccord sur l’organigramme, il est une déclaration de guerre froide qui officialise la fracture au sommet de l’Etat.

En récusant la nomination d’Aminata Touré par « Bassirou Diomaye  Faye » à la tête de la coalition, le Pastef, bras politique d’Ousmane Sonko, confirme le risque existentiel pour le régime actuel

Le Sénégal, déjà confronté à des défis économiques et sociaux herculéens, entre dans une phase d’instabilité politique majeure. Le Pastef rappelle au Président qu’il doit sa victoire à la coalition, niant toute légitimité à diriger l’appareil politique du mouvement. La création immédiate de l’APTE (Alliance Patriotique pour le Travail et l’Éthique), présidée par Aïssatou Mbodji, scelle la rupture politique. Le pouvoir, officiellement partagé, est désormais institutionnellement divisé, la guerre froide entre le Président de la république et son Premier Ministre s’installe

Cette crise politique intervient au pire moment pour le Sénégal. L’instabilité interne, si elle perdure, aura un coût exorbitant, retardant, voire annihilant, le programme de « rupture » promis par le nouveau régime.

Le gouvernement est désormais obéré par une bataille du leadership. Les réformes majeures promises sur la justice, la gestion des ressources pétrolières et gazières risquent d’être gelées par la chicane interne. Le pays dans l’attente d’une gouvernance forte récolte un régime fracturé et déconcentré. L’incertitude politique empoisonne l’économie. Un gouvernement divisé ne peut garantir la stabilité des politiques économiques ni la sécurité des investissements. Cette double instabilité politique et financière fait fuir les capitaux et rend la vie chère encore plus difficile à gérer.

Le peuple a voté pour un tandem uni, porteur d’espoir et de changement radical. Voir ces « frères siamois » se livrer aux caprices du systèmes pour une histoire de leadership est une profonde désillusion, sapant la légitimité démocratique du pouvoir et créant un terreau fertile pour de nouvelles tensions sociales.

Si les deux chefs de l’exécutif n’évitent pas rapidement un bras de fer et ne trouvent pas un modus vivendi stable, la crise politique se transformera en crise de gouvernance qui installe une crise institutionnelle bien inspirée.

Le Sénégal ne peut pas se permettre d’échanger l’élan historique du « Projet » contre l’instabilité et la paralysie. L’heure n’est plus aux manœuvres, mais à la responsabilité.

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