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Coup de tonnerre à l’ONU : Trump veut propulser Gianni Infantino, la candidature de Macky Sall menacée ?

Analyse

L’information a traversé l’Atlantique en quelques heures et s’est imposée mardi dans la presse internationale, y compris italienne : selon le New York Post, citant des sources proches de Donald Trump — dont Paolo Zampolli, l’envoyé spécial de Washington pour les partenariats mondiaux — le président américain envisagerait de soutenir la candidature du président de la FIFA, Gianni Infantino, au poste de secrétaire général des Nations unies, à l’issue du mandat d’António Guterres qui s’achève le 31 décembre 2026. En Italie, l’agence ANSA, le quotidien Dire.it et TgCom24-Mediaset ont repris la nouvelle dès le lendemain, tous en citant la même source américaine, sans qu’aucun d’eux n’ait pu obtenir de confirmation indépendante — ni de la Maison-Blanche, ni de la FIFA, ni d’Infantino lui-même.

Le rapport souligne d’ailleurs, et c’est un point que la diplomatie africaine ferait bien de noter, que rien ne dit qu’Infantino soit lui-même candidat à sa propre succession : le New York Post précise que l’on ignore s’il est intéressé par le poste ou si Trump lui en a seulement parlé. Zampolli a justifié l’idée par la capacité d’Infantino à gérer plus de 200 fédérations à la FIFA, le jugeant « aimé de tous » — un argument de communication, pas une candidature formalisée.

Face à cette hypothèse encore à l’état de ballon d’essai médiatique, la campagne pour la succession de Guterres est, elle, une réalité engagée depuis des mois. Macky Sall, ancien président du Sénégal, est officiellement candidat, avec le soutien assumé de Dakar : le président Bassirou Diomaye Faye présente cette candidature non comme celle d’un homme, mais comme celle du Sénégal au service du continent africain. Sall affronte une concurrence de poids — Michelle Bachelet, ancienne présidente chilienne et ex-cheffe d’ONU Femmes, Rafael Grossi, directeur général de l’AIEA, et Rebeca Grynspan, secrétaire générale de la CNUCED — dans une course où la décision finale appartient aux quinze membres du Conseil de sécurité, avant confirmation par l’Assemblée générale.

C’est précisément là que la manœuvre Trump-Infantino, même non confirmée, doit alerter la diplomatie sénégalaise et, au-delà, la diplomatie africaine dans son ensemble. Washington dispose d’un droit de veto au Conseil de sécurité. Une administration prête à pousser un profil extérieur au sérail diplomatique classique — un dirigeant sportif plutôt qu’un haut fonctionnaire international — signale une volonté de bousculer les équilibres habituels de la sélection, où la règle non écrite de rotation continentale et les candidatures consensuelles pèsent traditionnellement plus lourd que la volonté d’une seule puissance. Un précédent existe, et il mérite d’être rappelé sans complaisance : lorsque l’Afrique avait obtenu le poste avec l’Égyptien Boutros Boutros-Ghali, Washington avait empêché sa reconduction pour un second mandat. L’histoire montre donc qu’un veto américain peut s’exercer contre un candidat africain — raison de plus pour que la candidature Sall ne repose pas sur la seule bonne volonté diplomatique, mais sur une mobilisation active et coordonnée des chancelleries africaines, de l’Union africaine au Conseil de sécurité lui-même, où trois sièges non permanents sont aujourd’hui occupés par des États africains.

Rien, à ce stade, n’indique que Trump ait arbitré contre Macky Sall. Rien n’indique non plus le contraire. C’est précisément cette zone grise — un signal fort mais non confirmé venu de Washington, un continent africain uni derrière un candidat mais sans garantie de soutien au Conseil de sécurité — qui doit pousser Dakar à intensifier ses démarches, plutôt qu’à attendre que la rumeur se transforme en fait accompli

Mame Bara Nguirane

Auteur/autrice

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