Du 23 septembre au 3 octobre 2025, Montréal devient le théâtre d’une rencontre décisive : la 42ᵉ Assemblée de l’OACI. Un moment où l’aviation mondiale redéfinit ses priorités : durabilité, sûreté, connectivité, compétitivité. L’Europe et les États-Unis tracent déjà la feuille de route, l’Asie présente s’impose également mais l’Afrique observatrice est encore prête-à-subir.
Avec 54 États membres, l’Afrique devrait être une puissance de négociation mais des décisions qui engagent directement son avenir se prennent toujours sans son implication directe à cause des divergences politiques fortes et du manque de coordination qui maintiennent notre continent aux sièges des assistants.
Le continent peuplé de jeunes experts et connaisseurs du secteur, se montre VIEUX et ne pèse pas face aux blocs structurés que sont l’Europe, l’Amérique du Nord ou l’Asie.
Le paradoxe est le constat de tous les experts du secteur, le potentiel est immense. L’Affrique est une voix importante audible dans ce débat. Elle possède les ressources naturelles pour devenir un leader des carburants d’aviation durables (SAF) . Biomasse, énergie solaire, hydroélectricité et une position géographique redoutable
Faute de leadership, d’une volonté industrielle et de méthodes de financements coordonnés, le continent importe des normes au lieu de définir et de dicter ses propres standards.
Au plan sécuritaire, près de la moitié des pays africains n’atteignent pas les seuils critiques de supervision de la sécurité aérienne définis par l’USOAP. Ce retard technique structurel pénalise nos compagnies, bride l’ouverture de nouvelles routes, et entretient la perception d’un ciel africain à deux vitesses : celui de quelques champions continentaux (Ethiopian, RAM, Egyptair), et celui d’États isolés, incapables de tenir le rythme.
Au plan de la connectivité, le Marché unique du transport aérien africain (SAATM), annoncé comme une révolution, peine à décoller. En lieu et place d’une géopolitique coordonnée chaque état défend ses frontières aériennes au détriment de l’intégration régionale.
Pendant ce temps, faute de concurrence et de vision commune les passagers africains paient leurs billets deux à trois fois plus chers qu’ailleurs
Nous risquons ainsi de demeurer un simple laboratoire d’application des politique décidées ailleurs à cause de notre force d’inaction qui dicte nos divisions
Normes environnementales, taxation des billets, régulation des fréquences radio : tout s’impose, peu se négocie. Une dépendance technique et politique qui perpétue la marginalisation du continent.
Ce qui manque à l’Afrique, ce n’est ni le potentiel, ni les compétences. C’est une 𝐯𝐨𝐥𝐨𝐧𝐭𝐞́ 𝐩𝐨𝐥𝐢𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐞𝐭 𝐬𝐭𝐫𝐚𝐭𝐞́𝐠𝐢𝐪𝐮𝐞. L’Union africaine, via l’AFCAC, doit enfin assumer son rôle de fédérateur.
À Montréal, l’Afrique doit montrer qu’elle existe et elle doit exiger des mécanismes de financement adaptés aux réalités africaines pour accélérer le déploiement des SAF ;
● une assistance technique renforcée pour améliorer la supervision de la sécurité ;
● une feuille de route contraignante pour faire du SAATM une réalité.
Nos leaders doivent cesser de porter le tort aux autres. Nous devons arrêter de pleurnicher, le temps des incantations est révolu. L’Afrique doit cesser d’être un terrain d’expérimentation et de traduire en actes forts et concrets le terme « 𝐬𝐨𝐮𝐯𝐞𝐫𝐚𝐢𝐧𝐞𝐭𝐞́ »
À la 42ᵉ Assemblée de l’OACI, l’Afrique n’a pas le droit d’être une spectatrice polie. Elle doit être 𝐮𝐧 𝐚𝐜𝐭𝐞𝐮𝐫 𝐢𝐧𝐟𝐥𝐮𝐞𝐧𝐭, capable de défendre ses intérêts et de modeler l’avenir de l’aviation mondiale.
Avec 𝐄𝐝𝐨𝐮𝐚𝐫𝐝 𝐌𝐨𝐜𝐭𝐚𝐫 𝐀𝐧𝐲𝐢𝐦, 𝑆𝑡𝑟𝑎𝑡𝑒̀𝑔𝑒 𝑒𝑛 𝑔𝑜𝑢𝑣𝑒𝑟𝑛𝑎𝑛𝑐𝑒 𝑒𝑡 𝑝𝑒𝑟𝑓𝑜𝑟𝑚𝑎𝑛𝑐𝑒 𝑑𝑒𝑠 𝑜𝑟𝑔𝑎𝑛𝑖𝑠𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛𝑠 – 𝑇𝑟𝑎𝑛𝑠𝑝𝑜𝑟𝑡 𝑎𝑒́𝑟𝑖𝑒𝑛, 𝑑𝑖𝑠𝑡𝑟𝑖𝑏𝑢𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑒𝑡 𝑑𝑒́𝑣𝑒𝑙𝑜𝑝𝑝𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡 𝑖𝑛𝑡𝑒𝑟𝑛𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛𝑎𝑙

