ECONOMIE

Sénégal : levée du gel des importations d’oignons, entre nécessité économique et dépendance structurelle

Une décision dictée par la pénurie

Le ministère du Commerce a annoncé la levée du gel des importations d’oignons à partir du 19 septembre 2025. Une mesure rendue nécessaire après l’épuisement des stocks locaux, qui avaient permis de couvrir le marché national pendant neuf mois. Cette ouverture à l’importation vise à garantir un approvisionnement régulier et à éviter une flambée des prix sur les marchés sénégalais.

Un équilibre fragile entre production locale et importations

Chaque année, la même équation se répète : soutenir la filière nationale tout en sécurisant l’approvisionnement. Si la campagne de production locale lancée en janvier 2025 a permis de retarder le recours aux importations, la dépendance du pays reste évidente. Cette décision met en lumière les limites de l’autosuffisance alimentaire en matière d’oignon, un produit phare de la consommation des ménages.

Les défis de la souveraineté alimentaire

La réouverture des frontières aux importateurs est une solution conjoncturelle, mais elle interroge la capacité du Sénégal à renforcer durablement sa production. Les producteurs locaux réclament depuis longtemps plus d’investissements en stockage, en irrigation et en transformation. Sans ces leviers, le pays restera prisonnier d’un cycle où les périodes d’abondance alternent avec les phases de dépendance extérieure.

Une dynamique qui dépasse le Sénégal

La problématique de l’oignon illustre une réalité plus large : de nombreux pays africains, malgré des efforts notables, peinent à réduire leur dépendance alimentaire. Le Nigéria, la Côte d’Ivoire ou encore le Ghana connaissent des tensions similaires sur certains produits stratégiques. À l’inverse, le Maroc, grâce à une politique agricole soutenue et à des infrastructures performantes, parvient à stabiliser son marché intérieur tout en exportant.

Une mesure d’urgence qui appelle des réformes

La décision du ministre, bien que nécessaire pour éviter une crise d’approvisionnement, souligne une fois de plus les fragilités structurelles du secteur agricole sénégalais. Si le pays veut transformer sa dépendance en opportunité, il devra investir dans des réformes profondes, au risque de voir la même situation se répéter chaque année.

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