La une des quotidiens sénégalais de ce lundi 17 novembre 2025 révèle une nation prise dans la tourmente de ses contradictions internes, tiraillée entre une crise politique ouverte au sommet de l’État, une dégradation alarmante de sa situation économique, et une série de révélations sur des gestions passées pour le moins douteuses.
La fracture entre le Président Bassirou Diomaye Faye et son Premier Ministre Ousmane Sonko est sans conteste le sujet le plus brûlant, décliné sous divers angles. Le Populaire, avec un titre évocateur, affirme que la « guéguerre politique Diomaye-Sonko s’intensifie via leurs partisans », avec des figures comme Mimi Touré et Fadilou Keïta s’alignant, tandis que Babacar Gaye estime que « le choc était inévitable ». Dans le même sillage, SourceA parle d’un « Fossé Bassirou-Sonko s’agrandit » suite au ralliement de plusieurs figures à la cause du Président. La menace d’une implosion du tandem pousse des acteurs à la médiation : Le Point révèle que « Harouna Dia, Pierre Goudiaby Atèpa et Habib Sy sont qualifiés pour la médiation Diomaye-Sonko », un effort que salue Rewmi Quotidien en annonçant qu' »un ancien Chef d’État africain s’en mêle », soulignant l’obligation « politique et morale de s’entendre » rappelée par Alioune Tine. Pendant ce temps, l’escalade politique se poursuit, car Tribune titre que « Diomaye dépouille Sonko et Macky » avec le ralliement de plus de 300 maires à la « coalition Diomaye Président », et Point Actu résume froidement : « Diomaye déroule, des proches de Sonko en mode défiance ». Cette incertitude politique se traduit par un « silence assourdissant » chez les ministres, DG et PCA, qui, selon Tribune, craignent d’être limogés.









À cette crise politique s’ajoute une profonde inquiétude économique. Tribune frappe fort avec « Le Sénégal touche le fond », rapportant que Standard & Poor’s abaisse la note de la dette à «CCC+», un signal sévère sur la discipline financière du pays. Le Soleil confirme cette « BAISSE DE LA NOTE » et propose quatre pistes pour redresser la trajectoire, tandis que Direct News interpelle sur la nécessité d' »éviter le défaut souverain » en lançant une transformation structurelle. Les banques, quant à elles, s’engagent dans le « Financement de l’Économie » selon Réussir, dans un contexte de forte tension sur la dette.
Le nouveau régime, arrivé au pouvoir sur la promesse de rupture, est confronté aux fantômes de la gouvernance passée et présente. La Justice est en première ligne, attaquant les magistrats par Ousmane Sonko, ce qui provoque une vive réaction du Président de l’Union des Magistrats du Sénégal (UMS). L’Info, Enquête et L’As citent Cheikh Ba qui affirme que « La seule alternative à la justice, c’est les machettes et les fusils », défendant l’indépendance de la magistrature face aux critiques et à toute tentative de convocation devant le Parlement. Sur le plan des révélations, Yoof-Yoor dévoile un rapport accablant de la Cour des Comptes sur la gestion de l’ASP (Agence d’Assistance à la Sécurité de Proximité) entre 2018 et 2022, faisant état de « 40 milliards de FCFA engloutis, cinq ans de dérives financières et de gouvernance défaillante ». Libération Quotidien, de son côté, s’attarde sur une enquête de la Douane concernant la SOMIVA et les phosphates de Matam, où le BITIS aurait fait d' »incroyables constatations » sur des phosphates non déclarés. Enfin, la crise sociale est évoquée par L’Obs qui rapporte le « chaos évité de justesse » à Keur Massar suite à une altercation entre policiers et gendarmes.









Le domaine sportif n’est pas épargné par la déception nationale. La série d’invincibilité des Lions a pris fin après leur défaite (0-2) contre le Brésil. « Un revers compliqué à un mois de la CAN », titre Tribune Sport, tandis que L’Obs parle de « claque tactique de Londres » et Les Échos, plus direct, titre : « Brésil trop fort, Sénégal sans réponse ».
En somme, les titres de ce lundi dépeignent un Sénégal où l’urgence est triple : rétablir la cohésion politique, assainir les finances publiques face à la menace de défaut souverain, et ramener la confiance des citoyens, tout en gérant les risques sécuritaires régionaux comme le souligne l' »alerte du Dr Bakary Sambe » sur le Mali, le JNIM et la Sénégambie, un péril qui pourrait « rebattre la carte régionale », selon Sud Quotidien.






