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𝗟𝗮 𝗷𝘂𝘀𝘁𝗶𝗰𝗲 𝘀𝗲́𝗻𝗲́𝗴𝗮𝗹𝗮𝗶𝘀𝗲 𝗿𝗲𝗻𝘃𝗼𝗶𝗲 𝗮̀ 𝗹’𝗮𝗿𝗯𝗶𝘁𝗿𝗮𝗴𝗲 𝗹𝗲 𝗹𝗶𝘁𝗶𝗴𝗲 𝗔𝗶𝗿 𝗦𝗲́𝗻𝗲́𝗴𝗮𝗹–𝗖𝗮𝗿𝗹𝘆𝗹𝗲 𝗔𝘃𝗶𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻

Par Edouard Moctar Anyim avec Les Passionnés d’Aviation et d’Aéronautique

𝐷𝐴𝐾𝐴𝑅, 𝑗𝑎𝑛𝑣𝑖𝑒𝑟 2026 – Le différend entre Air Sénégal et Carlyle Aviation Partners franchit une nouvelle étape. La Haute Cour de Dakar a décidé de renvoyer l’affaire à l’arbitrage international, conformément aux clauses des contrats de leasing. Les quatre appareils concernés — deux Airbus A319-100 et deux A321-200 — ont déjà été restitués aux bailleurs, réduisant la flotte de près de 45 %.

Le litige porte sur le paiement de loyers et de pénalités contractuelles, ainsi que sur l’interprétation des obligations de restitution. Carlyle Aviation Partners, filiale du groupe américain The Carlyle Group, avait résilié unilatéralement certains contrats dès août 2024 et engagé des saisies de fonds via l’IATA. Malgré une décision favorable d’Air Sénégal devant le tribunal de commerce en juillet 2025, la pression judiciaire a conduit la Haute Cour à renvoyer le dossier à l’arbitrage.

L’arbitrage se déroulera devant un tribunal privé spécialisé, selon les règles prévues par les contrats. La procédure est confidentielle, neutre et technique. Les sentences arbitrales sont exécutoires à l’international et les recours sont limités, sauf en cas de vice de procédure ou de fraude manifeste.

𝐑𝐢𝐬𝐪𝐮𝐞𝐬 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐀𝐢𝐫 𝐒𝐞́𝐧𝐞́𝐠𝐚𝐥

La procédure présente plusieurs implications concrètes. La réputation de la compagnie peut être affectée, avec un risque de perte de confiance de la part des partenaires, des passagers et des investisseurs. La capacité opérationnelle est également réduite : la perte des quatre avions oblige à réviser le réseau, suspendre certaines lignes et recourir à l’affrètement d’urgence, avec un impact direct sur la qualité du service. Financièrement, les arriérés estimés à plus de 10 millions USD pourraient être augmentés par des compensations supplémentaires décidées par l’arbitrage. Enfin, le litige pourrait fragiliser les relations avec d’autres créanciers, fournisseurs ou institutions financières, et compliquer l’accès au crédit ou au refinancement.

Au-delà du contentieux, ce dossier illustre la dépendance des compagnies africaines aux mécanismes de leasing internationaux et la nécessité d’un cadre contractuel équilibré pour protéger la souveraineté aérienne nationale. Les prochains mois seront déterminants pour suivre les modalités de l’arbitrage, les ajustements de flotte et les signaux envoyés par l’État sénégalais sur sa vision du transport aérien.

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