ACTUALITE COOPERATION DIASPORA ECONOMIE ENVIRONNEMENT INFRASTRUCTURES INSTITUTIONS SOCIETE

Riz importé : Dakar acte une baisse des prix malgré les tensions sur le marché mondia

En Afrique de l’Ouest, le Sénégal figure parmi les principaux importateurs de riz, derrière le Nigeria et la Côte d’Ivoire. Dans le pays, le riz brisé représente près de 90 % des volumes de céréales importés chaque année, confirmant son statut de produit de base incontournable dans la consommation des ménages.

À compter de 2026, le prix de vente du kilogramme de riz brisé importé sera fixé à 300 francs CFA, contre 350 francs CFA actuellement. Cette baisse de 14 % a été annoncée le 18 décembre par le ministère de l’Industrie et du Commerce, qui précise que la mesure sera officiellement entérinée par le président de la République à la fin de l’année 2025.

Selon les autorités, cette décision résulte de concertations menées avec l’ensemble des acteurs de la filière, incluant les importateurs, les commerçants, les boutiquiers ainsi que les associations de consommateurs. L’objectif affiché est clair : soutenir le pouvoir d’achat des ménages dans un contexte de pression persistante sur le coût de la vie, alors que le riz reste l’un des produits alimentaires les plus sensibles pour les foyers sénégalais.

Une décision à contre-courant du marché international

Cette baisse intervient pourtant dans un environnement mondial moins favorable. Depuis novembre 2025, les prix du riz à l’exportation en Asie ont amorcé une hausse, portée par une demande soutenue et des niveaux de stocks jugés limités. Les cotations du riz vietnamien, thaïlandais et pakistanais ont toutes progressé en décembre, reflétant des tensions accrues sur l’offre mondiale.

Le Sénégal demeure fortement dépendant de ces marchés. En 2024, le pays a importé environ 1,34 million de tonnes de riz, dont près de 80 % en provenance d’Asie, principalement de Thaïlande, d’Inde et du Pakistan. Cette exposition structurelle rend traditionnellement les prix intérieurs sensibles aux évolutions internationales.

Arbitrage budgétaire et signal social

Dans ce contexte, la décision des autorités sénégalaises s’apparente à un arbitrage économique et social. En maintenant un prix administré à la baisse malgré la remontée des cours internationaux, l’État cherche à amortir les chocs externes pour les consommateurs, au prix d’un effort de coordination renforcé avec les acteurs de la chaîne d’importation et de distribution.

À moyen terme, cette politique pose néanmoins la question de sa soutenabilité, notamment si la hausse des prix mondiaux devait se prolonger en 2026. Elle s’inscrit aussi dans un débat plus large sur la dépendance du Sénégal aux importations de riz, alors que les autorités poursuivent parallèlement des programmes visant à renforcer la production rizicole locale et la souveraineté alimentaire.

Pour l’heure, la baisse annoncée constitue un signal fort à destination des ménages, dans un contexte économique où la maîtrise des prix des produits de première nécessité reste un enjeu central de stabilité sociale.

Auteur/autrice

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *