Dakar, 3 octobre 2025 – Lors d’une opération de démantèlement d’abris de fortune dans la « cité Haoussa » aux Mamelles, un quartier de Dakar, le ministre sénégalais de l’Intérieur, Me Mouhamadou Bamba Cissé, a annoncé ce vendredi une politique de « tolérance zéro » visant à éradiquer la mendicité et les réseaux de traite des personnes. Cette initiative, marquée par les hashtags #OccupationsAnarchiques, #Mendicite, #Sécurité, #Tolerance0, s’inscrit dans une volonté plus large de restaurer l’ordre public et la salubrité urbaine au Sénégal.

Une opération musclée aux Mamelles
L’intervention aux Mamelles a ciblé des installations précaires abritant des mendiants, souvent exploités par des réseaux criminels. Selon Me Bamba Cissé, ces zones constituent des foyers d’insécurité et d’insalubrité, compromettant la qualité de vie des citoyens. « Nous ne pouvons tolérer que des réseaux mettent en danger la sécurité de nos concitoyens et compromettent la salubrité de nos villes », a-t-il déclaré, promettant une approche « globale » pour des solutions durables, sans stigmatisation des communautés, qu’elles soient sénégalaises ou étrangères.
Un ministre au ton ferme
Nommé en septembre 2025 suite au remaniement du gouvernement de Diomaye Faye, Me Bamba Cissé a rapidement fait de la lutte contre les occupations anarchiques une priorité. Cette opération fait suite à une action similaire le 20 septembre à Colobane, où le « Parc Mazout » a été déguerpi. Ce site, occupé par des mendiants de diverses nationalités, était qualifié de « nid de délinquance » par le ministre, qui a rappelé que la mendicité sur la voie publique est une infraction pénale au Sénégal.
Le ministre ambitionne d’étendre cette politique à l’ensemble du territoire, notamment en prévision des Jeux olympiques de la Jeunesse. Il appelle à une « renaissance du civisme sénégalais » et à une mobilisation citoyenne pour un Sénégal « plus ordonné, plus sûr ».
Réactions mitigées
L’annonce a suscité des réactions contrastées. Sur les réseaux sociaux, notamment via le hashtag #Kebetu, de nombreux Sénégalais soutiennent cette fermeté, y voyant un pas vers un « Sénégal nouveau ». Certains appellent à renforcer la lutte contre la mendicité enfantine et à sécuriser les frontières pour contrer les réseaux de traite.
Cependant, des critiques émergent. Le journaliste Doudou Coulibaly, par exemple, reproche au ministre une vision « détaillante », centrée sur des aspects mineurs au détriment de solutions globales. D’autres voix, notamment dans l’opposition, craignent une stigmatisation des populations vulnérables et un durcissement social sans mesures d’accompagnement, comme des structures d’accueil ou des programmes sociaux.
Vers un équilibre entre fermeté et humanité ?
Cette politique de « tolérance zéro » marque un tournant sécuritaire sous le gouvernement Faye. Si elle répond à un besoin d’ordre et de salubrité, son succès dépendra de la capacité des autorités à proposer des alternatives concrètes pour les populations concernées. Me Bamba Cissé insiste sur le respect du cadre légal et dément toute intention discriminatoire, mais la mise en œuvre de cette stratégie sera scrutée de près.
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