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L’Enfer en Mer : Quand la traversée vers l’Europe tourne au cauchemar collectif

Imaginez une embarcation fragile, chargée de rêves brisés et de centaines d’âmes en quête d’un horizon meilleur, fendant les vagues de l’Atlantique pendant onze jours interminables.

C’est dans ce décor infernal qu’une pirogue partie des côtes sénégalaises a accosté aux îles Canaries le 24 août dernier, avec seulement 248 survivants à bord, contre près de 300 au départ. Les autorités espagnoles, dans le cadre d’une opération antitrafic bien rodée, ont rapidement passé à l’action en interpellant 19 individus présumés être les « patrons » de cette odyssée tragique. Accusés de crimes odieux comme l’immigration clandestine facilitée, les homicides, les agressions physiques et les sévices prolongés, ces suspects ont été placés en détention provisoire, transformant ce qui aurait pu être une simple arrivée en un scandale judiciaire retentissant. À mon avis, cette affaire expose cruellement les abysses de la désorganisation humaine sur ces routes maritimes, où la survie collective vire à une lutte impitoyable, soulignant l’urgence d’une régulation internationale plus musclée pour éviter que de telles horreurs ne deviennent la norme.

Les récits des rescapés, recueillis par les enquêteurs de la brigade frontalière de Las Palmas, peignent un tableau glaçant d’un règne de la terreur à bord : des passages à tabac systématiques pour imposer l’ordre, des expulsions forcées en pleine mer pour punir les chutes accidentelles ou les soupçons de maléfices, et même des exécutions sommaires motivées par des croyances irrationnelles. Parmi les motifs invoqués, des superstitions ancestrales ont joué un rôle funeste, avec des passagers désignés comme « porte-malheur » responsables des avaries mécaniques ou des tempêtes, et d’autres éliminés pour avoir osé exprimer leur désarroi face à la faim et à la soif. De mon point de vue, ces éléments révèlent non seulement les failles d’une migration désespérée, où les vulnérabilités culturelles se heurtent à l’isolement océanique, mais aussi la nécessité d’une sensibilisation accrue au Sénégal sur les dangers réels de ces voyages, car blâmer des « sorciers » n’est qu’un voile sur le vrai coupable : un système d’exploitation qui profite du chaos pour s’enrichir.

Cette tragédie nous confronte à l’impitoyable réalité des flux migratoires, où chaque vague emporte des vies au-delà des chiffres, appelant à une solidarité globale qui transcende les frontières pour transformer ces drames en opportunités de justice et de prévention durable.

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