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Le cri du Sénégal à l’ONU : quand Diomaye Faye brise le silence sur Gaza


Et si un petit pays d’Afrique de l’Ouest osait nommer l’horreur au cœur des Nations Unies, là où les grandes puissances tergiversent ? Ce 22 septembre 2025, Bassirou Diomaye Faye, président sénégalais, a transformé une conférence en marge de la 80e Assemblée générale en un réquisitoire implacable contre les ravages à Gaza, forçant le monde à regarder en face une tragédie indescriptible qui défie l’humanité.
Un discours qui tranche dans le vif : les contours d’une indignation assumée
À New York, au milieu d’un sommet marqué par les annonces de reconnaissance de l’État palestinien par dix pays occidentaux, Faye n’a pas mâché ses mots. Il a décrit les bombardements israéliens comme une tragédie aux allures de nettoyage ethnique, soulignant comment les ruines de Gaza piétinent les piliers de l’ONU : paix, justice, dignité humaine. En tant que président du Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien, il a exigé un cessez-le-feu sans délai, l’ouverture des corridors humanitaires et la fin de l’occupation, tout en saluant les récentes reconnaissances de la Palestine par des nations comme la France ou le Canada. Ces faits ne sont pas isolés : ils s’inscrivent dans une escalade qui, depuis octobre 2023, a déjà coûté des dizaines de milliers de vies civiles, avec une aide bloquée et des infrastructures vitales anéanties.
Contexte tendu et critique acerbe : l’ONU au bord du gouffre
Cette intervention survient pile au moment où la semaine de haut niveau de l’ONU, du 22 au 29 septembre, met la Palestine au centre des débats, avec une Déclaration de New York adoptée par 142 pays pour relancer la solution à deux États. Coprésidée par la France et l’Arabie saoudite, elle appelle à un désarmement du Hamas, à la libération des otages et à un État palestinien viable, excluant explicitement les extrémistes de Gaza. Pourtant, derrière ces avancées diplomatiques, le tableau est sombre : Israël dénonce une récompense au terrorisme, les États-Unis s’abstiennent ou votent contre, et la communauté internationale reste paralysée par des veto au Conseil de sécurité. Faye a pointé du doigt cette inertie comme une complicité passive, un silence qui, selon lui, érode la crédibilité même de l’ONU face à une plaie ouverte sur la conscience mondiale. Historiquement, le Sénégal porte cette voix depuis des décennies, mais sous Faye, élu en 2024 sur un programme souverainiste, elle gagne en tranchant, au risque de froisser des alliés comme les États-Unis qui avaient déjà mis en garde contre un soutien trop marqué à la Palestine.
Les enjeux immédiats : au-delà des mots, une urgence humanitaire
Sur le terrain, la situation empire : une pause tactique israélienne limitée à quelques heures par jour n’empêche pas la famine et les déplacements massifs, tandis que plus de 2 milliards de dollars de recettes fiscales palestiniennes restent confisqués. Critiquement, ces discours risquent de rester lettre morte sans sanctions concrètes contre les violations du droit international, comme l’a martelé la Jordanie ou l’Algérie dans les couloirs onusiens.
Une voix africaine qui interroge : souveraineté ou bravoure diplomatique ?
De mon point de vue, l’intervention de Faye n’est pas qu’un plaidoyer distant ; c’est un miroir tendu à l’Afrique et au Sud global, rappelant que défendre la Palestine, c’est questionner notre propre lutte contre les dominations passées. Pourquoi le Sénégal, avec ses ressources limitées, ose-t-il ce que d’autres hésitent ? Parce que, comme il l’a dit, c’est défendre la vie et notre humanité commune – une position qui élève la diplomatie sénégalaise mais expose à des représailles économiques ou politiques. Je m’interroge : ce ton ferme accélérera-t-il un vrai changement, ou renforcera-t-il les clivages, transformant l’ONU en arène de postures plutôt qu’en machine à paix ? Faye semble parier sur l’audace, et dans un monde où le silence tue, c’est déjà une victoire morale.
Échos mondiaux : le Sénégal dans la danse des nations divisées
À l’échelle globale, ce discours s’aligne sur une vague de soutiens : la France annonce sa reconnaissance de la Palestine, l’Espagne et l’Irlande l’avaient fait plus tôt, et l’Afrique du Sud traîne Israël en justice pour génocide à la CIJ. Comparé à l’inaction européenne d’hier, le virage de dix pays occidentaux marque un basculement, mais il heurte le mur américain et israélien, où Netanyahou réaffirme qu’il n’y aura pas d’État palestinien. En Afrique, des voisins comme le Nigeria ou l’Éthiopie modulent leur ton pour préserver des alliances, soulignant comment le Sénégal, pilier du Mouvement des non-alignés, incarne une diplomatie du Sud qui refuse la realpolitik au prix de l’éthique. Cette dynamique révèle un monde multipolaire, où les veto traditionnels cèdent du terrain à une coalition émergente pour la justice.
Dans les travées de l’ONU, les mots de Faye résonnent comme un appel à l’action : ignorer Gaza, c’est abdiquer face à l’injustice, et l’histoire jugera ceux qui ont choisi le camp du silence.

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