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Général Mamadou Gueye : « Le Hajj est devenu un business… »

Le général Mamadou Gaye, délégué général au pèlerinage a présidé, ce jeudi, les concertations nationales sur la gestion des quotas et des agréments. À l’occasion, il est revenu sur l’impératif de réglementer davantage le secteur du Hajj qui est devenu, au-delà de la dimension religieuse, un véritable business. 

Le général Mamadou Gaye, délégué général au pèlerinage aux lieux saints de l’Islam, a affirmé, hier, que le Hajj, « au-delà de sa dimension religieuse, est devenu un véritable business ». Venu présider l’ouverture des concertations nationales sur l’organisation du pèlerinage aux lieux saint de l’Islam, le délégué général assure que «L’objectif des discussions est de repenser les modalités d’attribution des agréments et des quotas, de manière transparente, inclusive et équitable», a-t-il d’emblée souligné. Jugeant la rencontre indispensable pour repenser entièrement le dispositif, Mamadou Gaye, souligne, par ailleurs, que l’organisation du pèlerinage soulève un certain nombre de défis tels que la réorganisation des regroupements des voyagistes, les conditions de séjour des pèlerins à la Mecque, le transport aérien, etc., « La problématique de l’attribution des agréments et des quotas est le problème majeur ; ce qui nous oblige à démarrer les assises nationales sur le hajj par ce point», déclare-t-il, précisant que la rencontre est censée devenir un rendez-vous annuel pour la communauté du Hajj.

Dans la foulée, le général Gaye a rappelé que le Sénégal dispose d’un quota officiel de 12.860 pèlerins, attribué par les autorités saoudiennes. Ce quota, confié ensuite à la Délégation générale au pèlerinage, suscite chaque année une forte pression : « Nous avons reçu plus de 3.000 sollicitations. Le pays compte déjà 387 agences agréées, mais les demandes continuent d’affluer de la part de dizaines de milliers de Sénégalais de l’intérieur comme de la diaspora», a-t-il détaillé. Selon lui, pour faire à la problématique, la délivrance d’agréments a même été suspendue pour «assainir le milieu». D’où une interrogation centrale : « faut-il se limiter aux agences déjà agréées ou ouvrir le secteur à de nouveaux acteurs qui souhaitent investir le domaine du pèlerinage?», se demande-t-il. Pour donner la mesure du problème, le délégué général assure que, 95 % des requêtes reçues par ses services portent sur des demandes d’augmentation des quotas : « C’est pourquoi il nous faut discuter franchement pour parvenir à une gestion transparente de leur distribution ».

Faire régner la transparence

Le Général Gaye a également relevé les nombreux défis qui fragilisent l’organisation du Hajj : la réorganisation des regroupements de voyagistes, le transport aérien, les conditions de séjour à La Mecque, ainsi que les litiges liés à la succession de certaines agences dont les promoteurs sont décédés. « Nous passons beaucoup de temps à arbitrer. Il nous faut trouver des solutions pour plus de transparence dans le secteur », renchérit-il. Il a, par ailleurs, insisté sur les profondes réformes engagées en Arabie saoudite concernant l’organisation du Hajj. «L’Arabie saoudite réforme en profondeur le pèlerinage. Il nous appartient de nous conformer à ces innovations», a-t-il déclaré, invitant les acteurs nationaux à anticiper cette nouvelle donne.

Partant, il a considéré les concertations comme une étape importante pour repenser le système, harmoniser les pratiques et restaurer la confiance entre toutes les parties de la communauté du Hajj.

Souleymane WANE (textes) et Assane SOW (photos)

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