ACTUALITE ECONOMIE POLITIQUE

FMI-Sénégal : Sonko vindicaté, Sall déshabillé – Quand washington fait pluie d’aveux

À Washington, la directrice Kristalina Georgieva lâche une bombe qui traverse l’Atlantique : une dette cachée de 7 milliards de dollars, gonflée sous Macky Sall, confirmée par le FMI. Ce n’est plus un cri dans le désert d’Ousmane Sonko c’est un verdict international qui cloue le bec aux dénis de l’ex-régime. En pleine Assemblée annuelle, cette révélation tombe comme un couperet : le Sénégal hérite d’un passif toxique, mais gagne en crédibilité pour rebâtir. Victoire morale pour Faye et Sonko, ou simple piqûre de rappel pour une Afrique endettée jusqu’au cou ?

Le Feuilletage : De la Suspension à la Confirmation

Retour en arrière : en mars 2025, une mission FMI débarque à Dakar pour disséquer les comptes. Edward Gemayel, chef de la division Afrique, pointe du doigt des « lacunes graves » dans le contrôle budgétaire sous Sall : dette sous-estimée à 70 % du PIB, au lieu de 100 % réelle, et un déficit 2023 à 12 % contre 5 % annoncés. Le programme de 1,8 milliard de dollars, signé en 2023, est gelé net pas de décaissements tant que la transparence n’est pas au rendez-vous.

Avance rapide à octobre : lors des Assemblées annuelles, Georgieva valide les alertes de Sonko, qui hurlait dès septembre 2024 à un « État en ruine » laissé par Sall. 8 Sur X, c’est l’euphorie patriote : « Le FMI facilite Sonko à dévoiler ce crime », tweete un supporter, tandis que des vidéos YouTube cartonnent avec des extraits de la DG confirmant l’existence de cette « dette non comptabilisée ». 2 La Cour des comptes, en février, avait déjà sonné l’alarme ; le FMI, en août, réconcilie les chiffres avec un audit Mazars, portant l’encours à 119 % du PIB fin 2024. 16 Résultat : suspension prolongée, mais un feu vert conditionnel pour un nouveau programme, si Dakar prouve sa rigueur.

Analyse : Un Aveu qui Rééquilibre les Plaques, Mais Creuse le Goulet

Ces faits ne sont pas anodins. Ils valident la « rupture » prônée par Faye-Sonko : audits massifs, Pool judiciaire anti-corruption, et un Appel à l’épargne qui rafle 450 milliards FCFA en deux semaines preuve que la diaspora fait confiance au renouveau. 3 Sall et ses alliés crient au « complot politique », qualifiant le rapport de la Cour de « machination » pour masquer les ratés actuels. 11 Mais le FMI, neutre en théorie, enterre ces défenses : « dissimulation délibérée », dixit Gemayel, avec des contrats off-balance et des prêts occultes.

Pourtant, creusons : cette dette fantôme routes, ports, énergie a financé des infrastructures réelles, dopées par le pétrole et le gaz (croissance à 12 % au T1 2025). 16 Le hic ? L’opacité a miné la crédibilité, suspendant des aides vitales et gonflant les intérêts. Sonko, en pointant du doigt, a forcé la main – mais à quel prix pour l’unité nationale ? Les tensions montent : Sall contre-attaque via l’APR auprès du FMI, exigeant une réunion pour « rétablir la vérité ». 17 C’est une bataille de récits : transparence vs. complot, redressement vs. sabotage.

Sonko Gagne la Bataille, Mais la Guerre Économique Rage

Franchement, ce timing est un cadeau empoisonné pour Sonko. Confirmé par Georgieva, son narratif de « mensonges de Sall » colle au mur et renforce sa stature de redresseur de torts. 1 Personnellement, j’y vois une opportunité ratée pour l’ex-régime : au lieu de nier, assumer aurait pu unir. Mais dans un Sénégal post-2024, où la jeunesse vote rupture, ces aveux FMI légitiment les coupes budgétaires actuelles douloureuses, mais nécessaires. Attention toutefois : si le nouveau programme traîne, l’inflation (0,7 % en juillet) pourrait virer au bouillon. Sonko doit transformer cette vindication en actes : audits en live, poursuites judiciaires, et un FMI « amis » via des réformes concrètes. Sinon, c’est du storytelling qui masque un déficit persistant à 10 %.

L’Afrique des Dettes Cachées, un Club Involontaire

Le Sénégal n’est pas seul dans ce bourbier. Au Ghana, une dette « fantôme » de 2022 a forcé un sauvetage FMI sous haute surveillance, avec austérité et manifestations. L’Éthiopie, en 2024, avoue 11 milliards occultes, gelant des prêts et ravivant les tensions ethniques. Globalement, c’est le refrain des émergents : FMI comme juge et partie, imposant audits pour débloquer des fonds un « bargain faustien » où la transparence libère, mais conditionne. Le Sénégal pourrait inspirer : en intégrant la Cour des comptes à un réseau ouest-africain, comme le propose l’UA, pour traquer ces « mensonges » avant qu’ils n’explosent. La Chine, grand créancier, observe : ses prêts « off-book » alimentent souvent ces scandales.

Le Coup de Grâce : Redressement ou Rupture Définitive ?

Le FMI confirme, Sonko triomphe, Sall chancelle mais le Sénégal paie l’addition. Cette révélation n’est pas qu’un aveu ; c’est un appel à l’unité pour un pays à 119 % de dette/PIB. Faye et Sonko, saisis : transformez cette légitimité en croissance inclusive, ou risquez que les « mensonges » d’hier nourrissent les frustrations de demain. L’Afrique regarde : la transparence paie-t-elle vraiment ? À Dakar de frapper fort pour que le redressement ne soit pas qu’un slogan.

Auteur/autrice

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *