Quand une plume acérée opte pour l’exil express, laissant derrière lui un sillage de soupçons
Le journliste sénégalais et homme d’affaire, Madiambal Diagne serait en France depuis hier selon un message twitté sur la page du patron de Avnir Communication porté disparu depuis son interdiction de sortir du territoir. Madiambal Diagne aurait annoncé son arrivée en France contre une « opposition policière » à l’aéroport. Il sera de retour selon l’auteur du message « pour peaufiner sa défense.
Dans ce saut de puce transatlantique, entre un contrat public de 250 milliards de FCFA et des flux suspects de 21 milliards, se profile-t-il une esquive calculée ou un droit légitime à la préparation ?
Le récit s’emballe comme un thriller judiciaire. Bloqué le 23 septembre à l’aéroport Blaise Diagne sur un vol pour Paris, Diagne visé par un rapport de la Centif pour des mouvements financiers opaques liés à Ellipse Projects, firme attributaire sans appel d’offres de la construction de palais de justice ignore sa convocation à la DIC le lendemain. Perquisition infructueuse à son domicile de Ngor, arrestation de son épouse pour implication présumée dans le blanchiment, et son fils interpellé à la frontière de Karang en pleine tentative d’exfiltration terrestre. L’enquête, pilotée par le pôle financier, cible association de malfaiteurs et détournements, des griefs qui transforment un chroniqueur acerbe en cible prioritaire. Critiquement, cette cavale éclair soulève un voile sur les zones grises du journalisme d’affaires : Diagne, passé par la prison sous Wade pour ses écrits, n’était-il que un médiateur zélé ou un rouage dans un engrenage de rétrocommissions ? Le nouveau pouvoir, prônant la transparence, frappe fort ici, mais au prix d’une traque familiale qui frise l’intimidation, érodant la crédibilité d’une justice censée être impartiale.
Ce périple hexagonal de Diagne pue la stratégie opportuniste : pourquoi filer malgré l’interdiction de sortie, laissant sa famille au front, si ce n’est pour tester les limites d’un système qu’il a tant critiqué ? J’y décèle une hypocrisie latente chez certains plumitifs, qui passent du rôle de chien de garde à celui de lièvre traqué quand les projecteurs se retournent. Et si ce départ forçait une introspection collective : jusqu’où tolérer que les influenceurs médiatiques naviguent entre plume et portefeuille, au risque de discréditer toute la profession ? Plutôt que de promettre un retour « dans quelques jours », une reddition immédiate aurait plus de panache ou alors, c’est l’aveu d’un dossier bancal qui appelle à une enquête indépendante, loin des clivages politiques.
Sous les néons parisiens, ce silence pèse comme une menace suspendue : un retour triomphal qui laverait les soupçons, ou une absence prolongée qui noircirait un peu plus l’image d’un journalisme sénégalais déjà écorché vif, rappelant que la liberté de la presse se mesure autant aux mots qu’aux actes.

