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Bassirou Diomaye Faye à New York : La voix d’une Afrique souveraine résonne à l’UNGA 80

Ce matin du 21 septembre 2025, sous un ciel clair de Dakar, l’avion présidentiel a décollé de l’aéroport militaire Léopold Sédar Senghor, emportant Bassirou Diomaye Faye vers New York. À bord, non seulement le destin d’un continent, mais un agenda diplomatique taillé pour bousculer les équilibres mondiaux. Pour sa deuxième apparition à l’Assemblée générale des Nations Unies, le jeune président sénégalais – élu en mars 2024 à seulement 44 ans – s’apprête à porter haut les couleurs d’une Afrique qui refuse plus les miettes. Salué au pied de la passerelle par le Premier ministre Ousmane Sonko et une haie d’honneurs civils et militaires, Faye n’embarque pas pour un simple discours : il y va pour redessiner la carte du pouvoir.

Le première ministre Sonko et la première dame

Un Départ Chargé de Symboles : De Dakar à la Tribine Mondiale

Les images de l’adieu sont éloquentes : Faye, en tenue sobre mais affirmée, serre les mains, échange des regards complices avec Sonko – son allié de toujours, passé de prisonnier à chef du gouvernement. Une délégation resserrée l’accompagne : ministres clés comme ceux des Affaires étrangères et de l’Économie, plus une poignée d’experts pour les coulisses. Selon la présidence, ce voyage, du 21 au 26 septembre, culmine le mardi 23 avec le débat général. Pas de faste inutile : Faye, l’ancien inspecteur des impôts passé par les geôles de l’ancien régime, mise sur l’essentiel – des rencontres bilatérales avec des homologues africains, des patrons de multinationales et des figures de l’ONU.

Le contexte ? À peine un an au pouvoir, Faye a déjà marqué : fin des bases militaires étrangères d’ici 2025, renégociation des contrats énergétiques, et un partenariat avec le FMI pour un redressement budgétaire sans austérité. À New York, il ne sera pas seul : des posts sur X buzzent déjà d’un « Scrabble présidentiel » en vol avec le ministre Bentaleb Sow – une anecdote légère qui humanise le leader, et qui a fait sourire des milliers de Sénégalais. Sur les réseaux, l’enthousiasme est palpable : « Diomaye porte notre fierté », tweete un internaute, tandis que la diaspora new-yorkaise prépare un accueil chaleureux, comme en 2024.

Priorités Africaines : Souveraineté Économique et Réforme de l’ONU

Avec un agenda surbooké, Faye va défendre une Afrique « prospère et souveraine », loin des discours convenus. Thèmes phares : la réforme de l’ONU pour refléter les démographies – l’Afrique, 2,5 milliards d’âmes d’ici 2050, mérite plus qu’un strapontin au Conseil de sécurité. Il plaidera aussi pour un nouvel ordre économique : fin de la dette odieuse, accès équitable aux vaccins et technologies, et une voix plus forte dans les instances comme le FMI. Des bilats avec des leaders comme Cyril Ramaphosa ou William Ruto sont au menu, pour tisser une alliance ouest-africaine face aux crises sahéliennes.

Critiquement, ce voyage arrive à point nommé. Le Sénégal, pilier de la CEDEAO, navigue entre instabilités régionales – coups d’État au Sahel – et ses propres défis internes : croissance à 4 % en 2025, mais chômage juvénile à 20 %. Faye, qui a déjà reçu Abebe Aemro Selassie du FMI en avril, utilisera l’UNGA pour verrouiller des investissements verts – énergie solaire, infrastructures durables. Mais gare aux pièges : les bailleurs occidentaux guettent, et une Afrique unie pourrait bien forcer des concessions inattendues.

Mon Prisme : Un Jeune Leader Qui Défie les Anciens Schémas

En suivant ce départ en direct sur X, je mesure l’audace de Faye : à 45 ans, il incarne une génération qui refuse le paternalisme. Personnellement, je salue cette fermeté – fin des bases étrangères, un acte fort – mais je questionne : tiendra-t-il face aux lobbies miniers ou aux pressions migratoires ? Son discours du 23 pourrait être pivotal : pas de bla-bla, mais des propositions concrètes, comme un fonds africain pour la souveraineté numérique. Si Faye ramène des partenariats solides, sans alourdir la dette, ce sera un coup maître. Sinon, l’euphorie d’aujourd’hui risque de s’essouffler. Espérons qu’il revienne avec plus qu’un Scrabble gagné : une Afrique qui pèse enfin son poids.

Au Cœur du Multilatéral : Quand l’Afrique Repousse les Frontières

Ce périple n’est pas solitaire. À l’UNGA 80, des pairs comme Paul Kagame ou Bola Tinubu pousseront pour une Afrique post-coloniale. Rappelons 2024 : Faye, fraîchement élu, avait déjà secoué les couloirs en plaidant pour une réforme du système onusien. Globalement, l’ONU, créée en 1945, peine à intégrer le Sud : l’Inde et le Brésil claquent la porte des réformes, tandis que l’Afrique, 54 États, n’a que trois sièges rotatifs. Des échos d’ailleurs : en 2023, Lula avait utilisé la tribune pour dénoncer le « racisme structurel » ; Faye pourrait bien en faire un appel à l’action collective, boosté par des sommets comme celui de l’Union africaine en février 2025 sur la paix au Sahel.

Ce vol vers New York n’est pas qu’un trajet : c’est une ligne droite vers un monde rééquilibré. Si Faye y excelle, le Sénégal – et l’Afrique – pourrait bien dicter le tempo des prochaines décennies. Pour l’instant, les yeux du continent sont rivés sur lui : que la voix porte, loin et fort.

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