Une rue déserte de Gaza City, jonchée de corps inertes, enfants et adultes mêlés dans la poussière et les décombres. Pas une scène d’un film catastrophe, mais une photo prise hier par un témoin local, Moha Ehssan Mahmoued. « La mort partout. L’humanité nulle part », lance un médecin sur place. Tandis que les frappes israéliennes s’intensifient, cette image brutale interroge : comment un génocide aussi filmé peut-il rester si impuni ?
## Bombardements incessants : le bilan grimpe, les civils paient le prix fort
Hier, 17 septembre, Gaza City a tremblé sous une nouvelle vague d’assauts aériens. Selon le ministère de la Santé local, au moins 63 Palestiniens ont péri ce jour-là, majoritairement dans la ville, avec des femmes et des enfants parmi les victimes. Des frappes nocturnes ont visé des quartiers densément peuplés, transformant une artère ordinaire en tombe collective. Les secouristes, débordés, évoquent des dizaines de corps récupérés sous les gravats, tandis que des familles entières sont rayées de la carte.
Le contexte ? Une offensive terrestre élargie lancée par l’armée israélienne, qui pousse des centaines de milliers de résidents vers le sud via une route côtière unique, l’al-Rashid. Mais même là, la sécurité est illusoire : des drones et hélicoptères traquent les fuyards, et des bombes pleuvent sur les zones dites « humanitaires ». Le total des morts depuis octobre 2023 dépasse les 65 000, dont plus de la moitié sont des civils – un chiffre qui explose les 60 000 de juillet dernier. A Shifa, l’hôpital principal, les morgues débordent ; les stocks de sang et de médicaments s’épuisent, aggravant une famine déjà déclarée.
Ces attaques ne sont pas isolées. Elles s’inscrivent dans une escalade post-trêve : après un cessez-le-feu fragile en mars, Israël a repris ses opérations pour « éliminer Hamas », justifiant des évacuations massives. Pourtant, les ordres d’exode, censés protéger, mènent souvent à plus de chaos – embouteillages mortels, frappes sur les convois. Résultat : une population piégée, où fuir équivaut à un pari russe avec la mort.
## Un « génocide documenté » : images vs. déni international
Le Dr Safa, cité dans le message accompagnant la photo, n’hésite pas : c’est « le génocide le plus documenté de l’histoire, et aussi le plus nié ». Des milliers de clichés, vidéos et témoignages affluent sur les réseaux – comme cette image de rue ensanglantée, partagée massivement, ou des posts décrivant des enfants démembrés par des missiles. Amnesty International et d’autres ONG pointent des destructions systématiques, comme le nivellement total de quartiers entiers en mai dernier, qualifié de « génocide » par des analyses satellites.
Critiquement, ce déni n’est pas anodin. Israël invoque la légitime défense post-7 octobre 2023, où 1 200 Israéliens ont péri. Mais des enquêtes, comme celle du Guardian en mai 2025, révèlent que 83 % des victimes palestiniennes sont des civils – un ratio effroyable, comparable à Srebrenica ou au Rwanda. L’ONU et des États comme la Norvège dénoncent des « tragédies » et appellent à l’arrêt des hostilités. Pourtant, les livraisons d’armes US persistent, et les enquêtes internationales piétinent. Ce paradoxe – hyper-visibilité numérique, invisibilité politique – expose un monde qui regarde, mais n’agit pas.
## Une voix au milieu du chaos : pourquoi ces images nous obligent à choisir
Face à cette horreur, on ne peut rester neutre. Personnellement, ces corps alignés comme dans un holocauste moderne me hantent : ils ne sont pas des statistiques, mais des vies volées à la hâte, des familles pulvérisées pour un « objectif militaire » vague. Le gouvernement israélien promet de « brûler Gaza » pour éradiquer Hamas, mais à quel prix ? Je questionne : et si la « sécurité » invoquée masquait une volonté d’expulsion ? Les posts sur X, comme ceux décrivant des bébés mutilés pendant leur repas, hurlent une vérité : ignorer cela, c’est complice. Il faut exiger des audits indépendants, geler les armes, et amplifier ces voix locales. Sinon, on perpétue le silence.
## Échos mondiaux : quand Gaza reflète les fractures globales
Ce cauchemar n’est pas confiné à Gaza. Au Yémen, les Houthis ripostent avec des frappes sur Israël, élargissant le conflit ; en Cisjordanie, les colons s’enhardissent. A l’échelle internationale, l’Union européenne divisée – l’Espagne condamne, l’Allemagne hésite – et les USA bloquent des résolutions ONU. Comparez à l’Ukraine : là, les images d’atrocités déclenchent des milliards d’aide ; ici, elles divisent. Cette inégalité criante questionne notre « humanité » : Gaza comme laboratoire du déni postcolonial, où le droit international s’applique à géométrie variable.
Ces corps dans la poussière ne sont pas un épilogue, mais un cri strident : dans un monde câblé pour tout voir, le vrai scandale est notre capacité à détourner les yeux. Si l’histoire juge les témoins muets, que dirons-nous demain ?
- septembre 20, 2025

