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De Dakar à Athènes : Quand l’art tisse les liens entre le Sénégal et l’Italie

Dakar, le 26 novembre 2025 -La scène culturelle dakaroise se prépare à accueillir un événement majeur qui résonne bien au-delà des rives de l’Atlantique. L’Institut Culturel Italien (IIC) de Dakar, acteur clé de la diplomatie culturelle entre l’Italie et le Sénégal, s’apprête à inaugurer l’exposition “La Scuola di Atene / Madrasat ‘Athina” de l’artiste italo-sénégalaise Maïmouna Guerresi. Prévue pour le vernissage le vendredi 28 novembre 2025, cette initiative, présentée dans le cadre de la XIVe édition de Partcours, est un vibrant témoignage des échanges bilatéraux dynamiques et du rôle central de l’art dans la construction d’un dialogue euro-africain renouvelé.

L’Institut Culturel Italien de Dakar, dont les activités sont soutenues par le ministère italien des affaires étrangères et de la coopération internationale (#Ministero degli Affari Esteri e della Cooperazione Internazionale ) en matière de coopération culturelle et l’ambassade d’Italie à Dakar, s’affirme comme un véritable carrefour du métissage artistique. Son programme culturel 2025, qui a déjà vu le succès de l’exposition “Daniele Tamagni – Style Is Life” et de la conférence de Simon Njami pour le projet “Il Sole Nero. De Naples à Dakar”, démontre une volonté stratégique : promouvoir la photographie contemporaine et le dialogue constant entre les réalités culturelles sénégalaises et italiennes.

L’IIC ne se contente pas d’importer la culture italienne ; il s’engage activement à travers la politique institutionnelle et sa coopération italienne, à mettre en lumière les artistes issus de l’hybridation, confirmant ainsi l’engagement de Rome à travers son réseau culturel extérieur à faire de l’art un outil de réflexion sur le présent et de construction de nouveaux liens avec l’Afrique.

Maïmouna Guerresi : Le savoir féminin au cœur du métissage

Au centre de cette effervescence, le travail de Maïmouna Guerresi est éloquent. Artiste multidisciplinaire, elle incarne par son double passeport culturel l’essence même du métissage, qu’elle érige en condition fondamentale de la pensée contemporaine.

Son exposition, “Madrasat ‘Athina”, est une réponse poétique et puissante à la fresque iconique de Raphaël, « L’École d’Athènes ». Commissariée par Caterina Riva, directrice du MACTE, l’œuvre opère un fascinant déplacement symbolique : elle déplace le centre du savoir de la Grèce antique pour honorer le savoir féminin et la tradition éducative de l’Afrique et du monde musulman.

En choisissant de mettre en exergue la figure d’Hypatie d’Alexandrie, symbole de liberté intellectuelle, et en intégrant l’arche en ogive de l’architecture islamique, Guerresi ne fait pas qu’un simple renversement. Elle crée, selon les mots de la commissaire, Caterina Riva, un « espace symbolique de rencontre entre les cultures, les époques et les paradigmes du savoir ». C’est une célébration des femmes qui, malgré l’exclusion historique, ont préservé et transmis la lumière de la connaissance.

L’exposition “Madrasat ‘Athina” n’est pas seulement un événement artistique ; c’est une déclaration politique subtile et un succès pour la coopération culturelle qui unit le Sénégal et l’Italie, renforçant la place de Dakar comme capitale culturelle essentielle sur l’échiquier mondial.

Alioune Ndiaye,

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